Le miracle Doillon : « Places » for Lou

 
 

On aime tellement l’éternel tandem Jane et Serge, qu’après la fille et le fils Gainsbourg, on ne souhaitait presque plus qu’un autre membre du clan se lance dans la musique. C’était sans compter sur ce qui sommeillait chez Lou, Lou Doillon. Après la sortie d’un EP avant l’été, la demoiselle se déleste de tous les fantômes qui auraient pu planer sur la sortie de ce premier album. Il n’y a rien de Birkin ni de Gainsbourg, et encore moins de Charlotte et Lulu dans les chansons de cette fille-là. On la verrait bien assise aux côtés de Cat Power pour une photo de famille, avec Daho à ses pieds, Dylan dans l’embrasement de la porte et surement Joni Mitchell dans le fond.

Musicienne, elle écrivait ses chansons en anglais en secret, avant que la rencontre avec Etienne Daho ne vienne la bouleverser dans son écrin, l’invitant à se livrer, se délivrer en s’autorisant une place, qui l’attendait, sans que nous le sachions, dans le paysage musical. Lou Doillon se révèle sauvage comme on l’imaginait, proposant un album miraculeux. L’élégance fissurée de la voix de l’artiste épouse un folk magnétique aux allures éthérées parfois, des mélodies envoutantes comme « Devil or Angel », qui s’impose presque en déclaration d’un soi, libre et libérée.

Des chansons antidatées mais inscrites dans le temps, dans l’égrainement des heures, dans la saveur des instants (« Make a sound ») ou, d’une façon peut être plus ambigue avec « Deviant ». Lou surprend par sa douceur avec « Hush Baby » et s’impose sur d’élégantes mélodies comme « Jealousy » et « Same old me ». La simplicité de « Real Smart » met en avant la voix hors du commun de Lou, un timbre venu d’ailleurs, où la langue de Shakespeare embrasse chaque note… Quelque chose de la soul, de la folk, du rock, mais d’un autre temps, de ce qu’il reste de la vie en soi quand on a 30 ans, même si aucune vie ne se ressemble. On retiendra avec une affection particulière le sublime et mélancolique « I.C.U » et les accents plus rock de « Places », comme un orage qui éclate avant de s’amenuiser, certainement pas comme notre rencontre avec Lou, la musicale, qui semble comme un autre souffle, qui, lui, n’est pas prêt de retomber.

Nul ne doutera après le 3 septembre que Lou Doillon a trouvé sa place, sans perdre de son chien, de son charme mordant qui l’a toujours distinguée. Son indépendance, elle la jouera aussi à la Flèche d’Or les 24 et 25 Octobre (complet) et au Trianon le 25 février 2013.

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